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Lecteurs de 7 à 777 ans, sur ce site, dans la colonne de droite et ci-dessous vous retrouverez

plus de 200 contes  de Nasredin Hodja

(que je posterai  au fil des jours, laissez-moi un peu de temps !) authentiques ou imaginaires, tous humoristiques. Sont-ils absurdes ou  pleins de bon sens? A vous de vous faire une opinion!

Voici les 200 premiers: (Ils sont numérotés)

fichier pdf Contes de Nasreddin Hodja 1 à 50

fichier pdf Contes de Nasreddin Hodja 51 à 101

fichier pdf Contes de Nasreddin Hodja 102 à 150

fichier pdf Contes de Nasreddin Hodja 151 à 200

Bien entendu, comme l’auteur est décédé depuis plus de 70 ans, toutes ces histoires sont libres de droit.

 Capfrture[1]

Spectacle de Nasreddin Hodja en cliquant ici

En attendant, retrouvez 60 enregistrements audio à écouter ou à télécharger sur ce site :

http://www.audiocite.net/recherche.php?livre-audio-gratuit=Hodja

Si vous trouvez une erreur,  (un mot répété ou manquant , une faute d’ortographe…) n’hésitez surtout pas à laisser un petit mot en commentaire de l’histoire, même pour une minuscule virgule malencontreuse!

Sans titre-1

Publié dans : Non classé | le 2 septembre, 2015 |1 Commentaire »

Si nous ne pleurons pas, qui le fera ?

Tamerlan était un homme laid, borgne et qui boitait. Un jour, alors que Nasreddin Hodja était avec lui, il tira sur ses cheveux et souhaitant les couper, appela ses gens :

Appelez-moi le coiffeur !

Le coiffeur entre, coupe ses cheveux et, comme d’habitude, donne un miroir à Tamerlan. Ce dernier regarda dans le miroir, se vit et découvrit qu’il était laid. Il commença à pleurer. Nasreddin pleura aussi avec lui. Donc ils pleurèrent ensemble pendant plusieurs heures. Les gens de Tamerlan essayèrent de le calmer en lui racontant des histoires drôles. Ses pleurs cessèrent, mais pas ceux de Nasreddin.

Écoute ! dit Tamerlan à Nasreddin. J’ai regardé dans le miroir, je me suis trouvé laid et je suis devenu triste, non seulement parce que je suis le roi, mais aussi parce que je suis riche et que j’ai beaucoup de femmes. Je suis laid, c’est la raison pour laquelle j’ai pleuré. Mais en ce qui te concerne ? Pourquoi as-tu pleuré et continues-tu de pleurer ?

Vous vous êtes regardé dans le miroir une seule fois, vous vous êtes vu et vous avez pleuré, parce que vous ne pouviez pas vous en empêcher. Mais nous, qui devons voir votre visage tous les jours ? Si nous ne pleurons pas, qui le fera ? C’est la raison pour laquelle je pleure !

Publié dans : Non classé | le 2 septembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Se nourrir avec des livres

Tamerlan souhaita examiner les registres fiscaux de la ville proche. Le fonctionnaire responsable de la collecte des impôts fut convoqué et on lui demanda de comparer les revenus avec les registres. Le fonctionnaire fut incapable de satisfaire le souverain. Tamerlan ordonna aussitôt :

Faites lui manger les registres fiscaux.

Les Chambellans déchirèrent les livres en menus morceaux et les présentèrent à l’ex-fonctionnaire pour qu’il les mange. Tamerlan donna un autre ordre :

Nasreddin Hodja, je te nomme collectionneur des impôts.

La parole de Tamerlan ayant force de loi, ainsi fut fait. Le temps passe. Tamerlan veut alors examiner les performances de l’officier fiscal nouvellement nommé. Nasreddin est convoqué et le voilà qui se présente à Tamerlan, avec, entre ses mains, une pile de galettes sur lesquelles apparaissent des lignes de comptabilité.

Quelle insolence ! dit Tamerlan, en colère. Il t’a été demandé de venir avec les registres fiscaux !

Ce à quoi Nasreddin répondit :

Votre Éminence, ce sont des livres fiscaux. Est-ce que je ne devrais pas les manger ?

Publié dans : Non classé | le 2 septembre, 2015 |Pas de Commentaires »

L’éléphante dévastatrice

Tamerlan amena un éléphant à Aksehir et le lâcha dans le village, où il se mit à saccager fermes, vignobles et vergers. Bien pire, il obligea la population à le nourrir. C’était devenu une véritable calamité. Les gens en eurent assez et ils appelèrent Nasreddin Hodja  pour qu’il puisse intervenir auprès de Tamerlan, à propos de cet éléphant dévastateur.

Demain, dit Nasreddin Hodja, je veux dix à quinze personnes pour m’accompagner.

Le jour suivant, Nasreddin se mit à la tête du groupe. Quand ils arrivèrent près de la tente de Tamerlan, il se retourna et vit qu’il était seul. Tous les autres s’étaient enfuis, effrayés à l’idée d’affronter Tamerlan.

— Je vous montrerai, se dit  Nasreddin. Et il entra dans la tente pour parler à Tamerlan.

Excellence, dit-il, nous les gens d’Aksehir, nous aimons l’éléphant que vous avez amené dans notre village, mais nous sommes tristes pour lui, car il est seul. Au nom de la population, je suis venu vous demander de lui trouver une femelle pour lui tenir compagnie.

Tamerlan fut satisfait de ce qu’il venait d’entendre et dit :

Tu salueras la population de ma part et tu leur diras que je répondrai à leurs désirs assez rapidement.

De retour au village, les gens lui demandèrent le résultat de l’entrevue avec Tamerlan.

Soyez rassurés, leur dit-il, la femelle “dévastatrice” sera ici bientôt, elle aussi. Vous venez de récolter ce que vous avez semé.

Publié dans : Non classé | le 2 septembre, 2015 |2 Commentaires »

Retour à l’envoyeur

Nasreddin Hodja était sûr, qu’il n’y avait pas, au monde, de prunes plus succulentes que celles de son prunier. Un jour, il en choisit trois parmi les plus grandes et les plus belles de son arbre préféré. Il les mit sur un plateau, qu’il posa soigneusement en équilibre sur sa tête et se dirigea vers la maison de Tamerlan. Il était sûr que Tamerlan apprécierait ces fruits. Comme Nasreddin marchait, les prunes commencèrent à tanguer sur son plateau.

Parce que vous êtes là où je ne peux pas vous voir, dit-il aux prunes, vous pensez que vous pouvez tourbillonner comme trois derviches tourneurs.

Les trois prunes ont continué de tournoyer sur le plateau, à chaque pas de Nasreddin.

Arrêtez de danser, leur dit Nasreddin. Si vous continuez ainsi, je vous punirai en vous mangeant.

Les trois prunes virevoltaient toujours. Nasreddin ne pouvait rien y faire. Aussi, pour tenir sa promesse, il s’assit sous un peuplier et  mangea une prune, puis une autre. Parlant sévèrement à la troisième prune, il lui dit :

Si je te donne une autre chance, te tiendras-tu tranquillement sur le plateau ?

Cette dernière prune solitaire sembla mieux se comporter et reprit sagement sa place au milieu du plateau sur la tête de Nasreddin, qui se dirigeait vers la demeure de Tamerlan. Ce dernier, qui était de bonne humeur, reçut Nasreddin avec la courtoisie due à un invité d’honneur. Jurant qu’il n’avait jamais goûté de prune aussi délicieuse, il ne fit aucune allusion au fait qu’il n’y en avait qu’une. Il rit beaucoup des blagues de Nasreddin, en demandant chaque fois d’autres. Finalement, quand Nasreddin se rendit compte qu’il devait se dépêcher pour être à la maison avant la tombée de la nuit, Tamerlan remplit son plateau de cadeaux.

Au bout d’une semaine, Nasreddin décida qu’il était temps de rendre visite de nouveau à Tamerlan.

Quel cadeau dois-je prendre pour lui offrir? se dit-il, en regardant le plateau vide.

Les prunes étaient maintenant trop mûres pour supporter le voyage.

Et pourquoi pas quelques bonnes betteraves rouges ? pensa Nasreddin, regardant toujours le plateau vide. Oui, les betteraves feront bien l’affaire. Elles sont trop fermes pour s’écraser, même si elles s’avisaient de danser sur le plateau.

Nasreddin prit, dans son jardin, quelques-unes de ses betteraves les plus rouges et les plus fermes. Il les posa sur le plateau, équilibra ce dernier sur sa tête et se dirigea joyeusement vers la maison de Tamerlan. En cours de route, il rencontra son bon ami Mouloud.

Où portes-tu ces excellentes betteraves, Nasreddin Effendi ? demanda Mouloud.

Ces betteraves sont un cadeau pour Tamerlan, répondit  Nasreddin.

Quoi, des betteraves  pour  Tamerlan ? s’exclama Mouloud, perplexe.

Est-ce que les betteraves ne sont pas un beau cadeau pour Tamerlan ?

Nasreddin déposa le plateau et regarda les betteraves comme pour la première fois. Elles lui semblèrent moins belles que quand il les avait cueillies.

Peut-être quelque chose d’autre serait meilleur ?

Oui, quelque chose d’autre, mais quoi par exemple ?

Des figues ! suggéra Mouloud, des figues bien mûres et juteuses, fraîchement cueillies.

Nasreddin se demanda pourquoi il n’y avait pas pensé plus tôt. Il se dirigea vers le marché où il négocia ses betteraves pour un plateau de figues mûres et juteuses.

Vous avez de la chance, lui dit le vendeur, d’avoir tant de figues succulentes pour quelques banales betteraves.

Cependant, le vendeur de figues se dit, sans que Nasreddin ne l’entende:

J’ai de la chance de me débarrasser de ces figues. Elles sont tellement mûres que j’étais prêt à les jeter.

Nasreddin  continua son chemin vers la cour de Tamerlan, qui n’était pas de bonne humeur, plutôt bougon, renfrogné, avec sa tête des mauvais jours. Le sourire de Nasreddin et son plateau de figues trop mûres étaient plus qu’il ne pouvait supporter. Toute la journée, il avait chercher quelqu’un sur qui apaiser sa grogne. Là était sa chance.

Venez immédiatement ! ordonna t-il à ses domestiques.

Six d’entre eux arrivèrent en courant.

Prenez les figues de cet homme et jetez-les sur lui, une par une et aussi fort que vous pouvez.

Nasreddin se mit à courir, poursuivi par les domestiques et … les figues. Pas une figue ne le rata. Nasreddin courait toujours, si rapidement que ses chaussures flottantes le lui permettaient, quand il rencontra Mouloud.

Oh Mouloud Effendi ! Laisse-moi te remercier sept fois en ce bas monde pour ce que tu as fait pour moi ! dit  Nasreddin

Mouloud regarda fixement Nasreddin, tout éclaboussé de jus vert et rouge, les figues écrasées dégoulinant de ses vêtements.

Oh Mouloud Effendi ! Je te remercie sept fois au paradis pour ce que tu as fait pour moi ! ajouta Nasreddin

Mouloud, qui connaissait les façons de faire de Tamerlan, commença à comprendre ce qui avait du arriver.

Pourquoi me remercies-tu ? demanda-t-il à  Nasreddin qui répliqua :

Oh ! Quelle bonne idée que j’ai eue en te demandant conseil. Ton sage, sage conseil.

Pourquoi ? demanda Mouloud, toujours aussi perplexe.

Si j’avais donné des betteraves rouges et fermes à Tamerlan, expliqua Nasreddin, ses domestiques m’auraient jeté des betteraves bien fermes. Imagine alors quel homme contusionné et brisé j’aurais alors été.

Publié dans : Non classé | le 2 septembre, 2015 |Pas de Commentaires »

Le pouvoir de divination de Nasreddin Hodja

Un jour qu’il se rendait au palais de Tamerlan, Nasreddin Hodja vit son garde-chiourme bastonner un innocent.

Tu ne l’emporteras pas au paradis, lui dit Nasreddin, d’autant plus qu’en consultant le marc de café à ton sujet, j’y ai vu ta mort prochaine.

Il advint que, deux jours plus tard, le bourreau fut renversé par une calèche qui roulait à vive allure dans les rues du village. Il en mourut.

Mis au courant du présage de Nasreddin, Tamerlan, affecté par cette mort, décida de le mettre à mort. Encadré par deux gardes, tenant levé un grand sabre tranchant, il fut présenté au souverain qui lui dit :

— Puisque tu as de grands pouvoirs de divination, tu as dû prévoir le jour de ta propre mort.

Ce sera pour aujourd’hui, répondit Nasreddin qui ajouta : j’ai aussi vu dans le marc que votre mort est prévue le lendemain de la mienne.

Et c’est ainsi que, mécontent mais prudent, Tamerlan demanda aux gardes de baisser leur sabre et laissa la vie sauve à Nasreddin.

Publié dans : Non classé | le 17 août, 2015 |Pas de Commentaires »

Le chameau fabuleux

Un jour Tamerlan, en bavardant avec Nasreddin Hodja, parlait de façon étrange, exagérant tellement que, dans ses propos, une puce est devenue un chameau. Nasreddin était très ennuyé. Finalement, il exagéra plus que lui, fit d’un chameau un animal énorme et fabuleux :

En vérité, j’ai eu beaucoup de chameaux auparavant. Mais je n’avais jamais vu un chameau tel que celui j’ai actuellement. Si je lui dis “marche”, il le fait. Si je lui dis “vole”, il le fait. Malheureusement, il ne peut ni lire ni écrire, comme mon fils !

Tamerlan était ébahi. Il lui dit :

– Hodja , s’il te plaît, laisse-moi voir cette étrange créature !

Nasreddin demeura imperturbable et répondit :

Majesté, ces jours-ci, je lui enseigne les premiers rudiments de la prière. Si Dieu le veut, quand je reviendrai l’an prochain, il se mettra à genoux devant vous !

Tamerlan attendit le jour convenu avec impatience. Quand ce jour fut arrivé,  Nasreddin dit :

Seigneur, que vous dire ? Une fois qu’il a commencé à lire le Coran, cela lui a tellement plu qu’il a insisté pour le mémoriser dans sa totalité. L’année prochaine, s’il plaît à Dieu, quand il saura le Coran par cœur, vous apprécierez sa voix mélodieuse !

 

Tandis que Tamerlan attendait avec anxiété l’année suivante, la femme de Nasreddin et ses amis s’inquiétèrent pour sa vie

Nasreddin, tu es en train de jouer un jeu dangereux. Tamerlan, ne croira pas éternellement à ton mensonge. Il est temps d’arrêter !

Ce à quoi  Nasreddin répondit :

Attendons, pourquoi paniquer ainsi ! Il reste encore beaucoup de temps jusqu’à l’année prochaine. Le chameau peut mourir ou Tamerlan peut mourir ou moi je peux mourir.

Publié dans : Non classé | le 17 août, 2015 |Pas de Commentaires »

Combien de pattes pour un âne ?

— Combien de pattes possède un âne ? demanda un passant à Nasreddin Hodja.

Ce dernier descendit de son âne et compta, un par un, les membres de l’animal :

— Quatre, dit-il.

— Quoi ? dit le passant. Tu ne sais même pas le nombre de pattes de ton âne, au point de devoir les compter ?

— Bien sûr que je le sais ! répondit Nasreddin. Mais, la dernière fois que je les ai comptées, c’était cette nuit et il y en avait quatre. Je voulais juste m’assurer que rien n’avait changé.

Publié dans : Non classé | le 17 août, 2015 |Pas de Commentaires »

Un âne exceptionnel

— Je  dis non et non ! Je ne garderai pas cet âne un jour de plus !

Nasreddin Hodja lança un regard furieux au petit âne gris qui battait l’air patiemment avec sa queue pour éloigner les myriades de mouches qui l’assaillaient, attendant que Nasreddin lui mette sur le dos la vieille carpette qui servait de selle.

— Qui te dit qu’un nouvel âne ne sera pas aussi, sinon plus têtu que celui-ci, suggéra Kalima.

— Ce malheureux âne est plus que têtu ! fulmina Nasreddin. Il mange comme un éléphant, mais devient chaque jour plus maigre. Il est lent comme une tortue, paresseux comme une couleuvre, vicieux comme un renard, stupide comme un poisson et têtu comme un âne !

Kalima tapota le petit âne qui frotta alors affectueusement sa tête contre sa manche. Kalima n’a rien dit. Elle s’était suffisamment disputée avec son mari pour deviner quelles seraient ses réactions.

— Dis adieu à cette créature ! dit Nasreddin, en enfourchant le petit animal et lui demandant, selon la manière habituelle de conduire les ânes (un “rghr-r-r-r” guttural), d’avancer. Ce qu’il ne fit pas.

— Un autre âne aurait déjà avancé à cet ordre. Tu verras quel excellent âne je ramènerai du marché. Je peux vendre cet âne misérable suffisamment cher pour en acheter un autre meilleur et il me restera une pièce d’or pour te permettre de confectionner une nouvelle robe.

– Ughr-r-r-r, gronda t-il de nouveau.

Le petit animal agita ses longues oreilles, à contrecœur, et s’en alla. Jubilant à l’évocation de l’importante affaire qu’il allait réaliser au marché, Nasreddin tapota le cou de son âne et se dirigea vers la place du marché.

— Voici un âne dont son propriétaire sera fier, dit Nasreddin en remettant l’âne au commissaire-priseur.

— Un tel âne devrait rapporter un bon prix, dit le commissaire-priseur.

Il poussa l’âne, pinça ses pattes et regarda ses dents. Comme Nasreddin, il vanta bien fort ses mérites. Le commissaire-priseur a aligné les animaux l’un après l’autre pour la vente. Aucune offre n’a été faite pour l’âne de Nasreddin. Ce dernier n’avait d’yeux que pour un âne qu’il voyait plus grand, plus soyeux et plus dodu que les autres. Sûrement c’était l’âne qu’il lui fallait. Finalement, tous les ânes ont été vendus, sauf deux – celui que Nasreddin avait apporté et celui qu’il avait décidé d’emporter.

Il fut soulagé de voir que le commissaire-priseur amenait d’abord son vieil âne. Il avait besoin d’avoir l’argent de sa vente avant de faire une offre pour l’âne sur lequel il avait jeté son dévolu.

— Voici un âne qui vaut la peine d’être acheté ! dit le commissaire-priseur, en se frottant les mains. J’ai souvent observé cet âne et j’ai regretté qu’il n’ait pas été mien. Voyez cette lueur dans ses yeux ! C’est un âne qui vous obéira avant que vous ne lui en ayez donné l’ordre. Regardez ces muscles! Et ces pieds graciles! Je parie que cet âne est plus rapide que n’importe quel âne d’Aksehir !

Nasreddin Hodja regarda les pattes de son âne. Il n’avait jamais remarqué qu’elles fussent graciles ni combien son poil était si soyeux.

— Combien offrez-vous pour le plus beau, le plus fort, le plus sage, le plus travailleur, le plus obéissant des ânes de tout Aksehir ?

— Trente livres, offrit un villageois.

Nasreddin le regarda fixement.

— Trente livres pour l’âne le plus meilleur d’Aksehir ! Cinquante, surenchérit Nasreddin.

— Soixante livres, proposa un autre villageois

— soixante-dix ! Quatre-vingt ! Quatre-vingt dix !

Le prix est monté, jusqu’à ce qu’un villageois offre deux cents livres.

— Deux cent dix, proposa un autre.

— Deux cent vingt, cria Nasreddin.

Aucune autre offre n’ayant été faite, le commissaire-priseur remit la bride à Nasreddin, qui paya ainsi cash son propre âne.

— Ughr-r-r-r, ordonna t-il à l’âne qui s’est mis à trotter vers la maison. Comme Kalima sera fière de cette acquisition !

A mi-chemin de la maison, il commença à se demander pourquoi sa bourse était vide. Il avait projeté, en bon négociateur, de ramener à la maison un âne et plus d’argent qu’il n’avait emporté. C’était embarrassant. Peut-être Kalima pourra t-elle le lui expliquer ?

Publié dans : Non classé | le 17 août, 2015 |Pas de Commentaires »

Se chauffer à la flamme d’une bougie

Nasreddin Hodja était assis au café, échangeant des histoires avec ses amis et fanfaronnant plus que de coutume.

— Je pourrais tenir toute une nuit, debout dans la neige, sans aucun feu pour me réchauffer.

— Personne ne peut le faire ! dit un homme en regardant la neige tomber, à travers la fenêtre.

— Je pourrais et je le ferai cette nuit-même. Je le ferai même si je n’avais pas la moindre braise pour me réchauffer. Alors, si je perds mon pari, demain je donnerai un banquet pour vous tous, chez moi.

Le pari était lancé. Les amis de Nasreddin allèrent rejoindre leurs lits douillets, tandis qu’il s’installait seul sur la place enneigée. La neige glacée enveloppant ses pieds et fouettant son visage était pénible à supporter. Mais, plus pénible encore était la somnolence qui le tenaillait. Il se devait de rester éveillé, ne serait-ce que pour réchauffer, en les battant, ses pieds et ses mains glacés. Il avait constaté qu’il était plus facile de lutter contre le sommeil en fixant la bougie qui clignotait dans la maison de Mahmoud.

Le matin est enfin venu. Des curieux rencontrèrent Nasreddin Hodja, frissonnant et baillant, qui rentrait chez lui prendre une tasse de café chaud. Ils lui demandèrent des nouvelles de sa nuit et furent émerveillés de ce qu’il avait fait.

— Comment as-tu pu rester éveillé toute la nuit ? lui demandèrent-ils.

— J’ai fixé une bougie vacillante dans la maison de Mahmoud, répondit-il.

— Tu as bien dit une bougie ?

— Bien sûr, répondit Nasreddin.

— Une bougie allumée produit une flamme. La flamme donne la chaleur. Tu t’es donc réchauffé grâce à la chaleur de cette bougie. Tu as perdu ton pari.

D’abord  Nasreddin essaya de rire de leur argumentation, mais il constata bientôt qu’ils ne plaisantaient pas. Il ne pouvait pas convaincre ses amis qu’une bougie à l’intérieur d’une maison distante ne pouvait procurer aucune chaleur à un homme se trouvant dehors sur la place enneigée.

— Quand viendrons-nous chez toi, pour le banquet ? lui dirent ses amis, insistant sur le fait qu’ils avaient gagné le pari.

— Venez ce soir, à la nuit tombée, leur dit Nasreddin.

Juste après l’appel du muezzin pour la prière du soir, un groupe d’hommes vint frapper à la porte de Nasreddin qui leur ouvrit. Laissant leurs chaussures près de l’entrée, ils s’assirent en tailleur sur une natte.

— Le dîner n’est pas tout à fait prêt, lança Nasreddin de sa cuisine.

Nous ne sommes pas pressés, nous attendrons le temps qu’il faut, dirent-ils.

Humant l’air ambiant pour deviner ce qui pouvait mijoter dans la cuisine, ils ne décelèrent aucune odeur particulière. Ils attendirent, attendirent, attendirent…

— J’espère que vous n’avez pas faim, leur dit Nasreddin de la cuisine. Le dîner n’est pas encore prêt.

— Peut-être pourrions-nous t’aider, suggéra un invité affamé.

— Bien, dit Nasreddin, Vous pourriez tous venir à la cuisine pour aider.

Entrant dans la cuisine, ils furent surpris de trouver Nasreddin debout, en train de remuer avec application le contenu d’une grande marmite en cuivre suspendue et sous laquelle brûlait (à bonne distance) une bougie vacillante.

— Juste quelques minutes ! dit Nasreddin, debout sur la pointe des pieds, scrutant l’intérieur de la marmite froide. Ca ne devrait pas tarder à bouillir. Une bougie donne tellement de chaleur, vous le savez bien !

Publié dans : Non classé | le 17 août, 2015 |Pas de Commentaires »
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